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Retour du sommet mondial de l'ONU sur l'aide au développement

Les impressions de Jean-François Rial, Président de Voyageurs du Monde à son retour du sommet mondial de l'ONU sur l'aide au développement :

Jean-François Rial, Président Directeur Général de Voyageurs du Monde "Impressions contrastées à Doha, où je viens de passer 24h pour ce sommet, le premier organisé par l'ONU depuis 2002 à Monterrey au Mexique.
J'ai eu la chance d'y être invité, grâce à nos engagements sur l'aide au développement des pays les plus pauvres.
Bien sûr, pour moi, c'était une première, et je vous avoue avoir regardé tout ce ballet avec des yeux émerveillés d'enfant. Mes impressions donc.

La meilleure, tout d abord avec tous ces pays du monde entier réunis tous ensemble, dans cette salle de conférence avec pour chacun leurs meilleurs spécialistes mondiaux sur l aide au développement.
Et, même si la plupart des dirigeants des grands pays étaient absents, il y avait un sacré aréopage de chefs d'Etats, sans parler de la cohorte de ministres, experts, ONG, journalistes, hauts fonctionnaires.
Et tout de même, cela a de l'allure, tous ces pays et experts réunis ensemble dans la paix pour parler aide au développement au bénéfice des plus pauvres. Belle avancée de la civilisation humaine, on l'oublie un peu trop vite en critiquant les insuffisances de ces réunions.

La meilleure également avec des discours excellents sur le fond du Secrétaire général M. Ban Ki-Moon ou du président Sarkozy. Avec deux idées fortes, une meilleure représentativité des grandes nations du Sud à tous les étages des Nations Unies, conseil de sécurité, FMI, banque mondiale, et un hymne aux fameux 0.7% du PIB dédiés à l aide au développement.
Problème : le discours n'est pas suivi par les actes depuis des années.
Et les calculs faits par la France sur son montant d'aide au développement frisent le grotesque : bourses pour étudiants étrangers qui ne rentrent pas toujours ou annulations de dettes sont par exemple comptées...
Et tous les arbitrages récents du président Sarkozy ne sont pas en faveur de l'aide au développement.

La meilleure également avec des discours de chefs d'Etats de petits pays que nous n'entendons jamais. Ainsi, le président Seychellois nous a parlé avec émotion des conséquences du réchauffement climatique...
Le président Tanzanien des attentes de l'Afrique.
Enfin, le meilleur avec un débat intellectuel d'un très haut niveau, dirigé par Philippe Douste Blazy, secrétaire général adjoint des Nations Unies, chargé des financements innovants (les Norvégiens sont une fois de plus très avancés) sur les alternatives au financement public de l aide au développement, les fameux financements innovants dont la taxe sur les billets d avions est l'exemple le plus abouti.
On y discute d'objectifs du millénaire contre la pauvreté, de bien public mondial, de citoyenneté mondiale, bref, du très haut niveau, intellectuel et spirituel...
Pour en savoir plus

Les moins bonnes impressions maintenant.

D'abord commençons par Doha pour le voyagiste que je suis, n'oublions pas mon métier !
Doha, c'est assez laid, sans harmonie, architecture moderne qui part dans tous les sens, des chantiers partout, et des travailleurs immigrés, somaliens, népalais, bangladeshis qui font tous les travaux que refusent les qataris, tous nantis par leur Etat-providence quand même qui n'oublie pas ses citoyens, école, santé,... gratuits- qui possède les plus grandes réserves de gaz au monde, 200 ans encore d'exploitation prévue !
Bref Doha pour un voyageur à priori, on oublie.

Le moins bien aussi, mais plutôt drôle, pour une organisation apocalyptique : badges, horaires, un cirque ...

Mais surtout quelques discours délirants :
Robert Mugabe et Bachar el-Assad, comment peuvent-ils être invités ?
Ahmadinejad qui fustige le capitalisme et le socialisme en appelant à l'amour grâce à la religion, tout en terminant son discours sur une diatribe insupportable contre Israël...
L'absence des dirigeants des grands pays et donc d'une vraie volonté politique mondiale.
Enfin, le cynisme d'un certain nombre de participants, journalistes, experts, dirigeants d' ONG, hauts fonctionnaires qui ne croient plus en rien. Pourquoi pas mais qu'ils restent chez eux...
Sans utopie, on ne fera rien sur ces sujets...
Certains y croient vraiment, avec une grande sensibilité humaniste, Gordon Brown, M Stoltenberg, le premier ministre norvégien, Ban Ki-Moon, Philippe Douste Blazy.
Espérons qu' Obama sera sur cette longueur d'onde.

Je finirai sur un moment rare.
Je croise Mahmoud Abbas que j'estime beaucoup pour sa volonté de paix.
J'hésite un moment et puis tant pis, je ne me démonte pas, j'approche.
Un officier de sécurité, bien sûr, me barre la route. Je lui dis juste que je voulais juste lui serrer la main.
Il me fait un sourire et me dit de demander au monsieur à sa droite.
Je m'approche et je reconnais Erekat un grand dirigeant palestinien qui a mené la plupart des négociations de paix.
Il m'écoute, me serre la main et se tourne vers Abbas.
Qui me serre la main et surtout me parle deux bonnes minutes, c'est presque moi qui étais gêné de le déranger, si j'avais mieux géré ma conversation, cela aurait pu durer plus longtemps.
Rare moment.
C'est aussi et surtout cela Doha.
Tous les pays, toutes les cultures, tous les peuples en même temps et ensemble.
Quels que soient les défauts onusiens, on n'a rien fait de mieux encore...

Si vous souhaitez réagir sur ce texte, n'hésitez pas à m'écrire.

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